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Parents
de polyhandicapés, sympathisants, amis,
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Les
lignes qui suivent sont un cri de révolte
devant la situation discriminatoire qui est faite aux polyhandicapés.
Ce cri de révolte, nous l'avons tous eu devant l'injustice dans
laquelle était tenu notre enfant. Isolé, il n'a eu que
peu ou pas de portée.
Nous avons voulu les réunir pour qu'ils
deviennent grondement, que celui ci soit entendu et que par l'inquiétude
qu'il provoquera, il soit enfin écouté.
En notre qualité de parents, nous avons la certitude d'être
dans notre bon droit en revendiquant pour nos enfants.
Cette certitude est confortée
par l'avis qu'a rendu le Comité Consultatif National d'Éthique
saisi par le gouvernement
sur les questions soulevées par l'arrêt de la Cour de Cassation
dit "Arrêt Perruche". Celui
ci concernait la réparation du préjudice subi par un enfant
gravement handicapé depuis sa naissance.
Laissant à chacun le droit d'avoir son
opinion, nous nous contenterons de noter que le Comité des
Sages,
unanimement respecté, rappelle :
"le devoir impérieux
de solidarité de la société".
Il ajoute :
" il y a urgence à combler le déficit actuel
en places d'accueil dans des structures spécialisées,
alternative essentielle dans bien des cas ...
Il est par conséquent essentiel que I'état et les Départements
mettent tout en oeuvre pour créer
des lieux de vie et ne se contentent pas d'attendre et de soutenir les projets portés avec souvent beaucoup de difficultés
par des Associations dont les moyens sont limités. Il faut revoir
aussi l'aide apportée aux familles qui choisissent de garder
leur enfant handicapé à domicile, qu'il s'agisse de leur
accompagnement moral et psychologique ou du soutien financier indispensable".
Cet avis est émis, rappelons-le, par la plus Haute Autorité
Morale de notre pays. Ses conclusions sont indiscutables.
Elles
ne seront d'ailleurs pas discutées puisque le Comité d'Éthique
n'a qu'un caractère consultatif...
Pour les handicapés, cependant, peu habitués à
des prises de position aussi nettes en leur faveur, elles constitueront
un texte fondateur de leurs revendications.
Égalité
...Vous avez dit ...Égalité
?
Égalité
dites-vous ! où est donc cette égalité dont nous
nous réclamons ?
Allons donc !
L'égalité
ça commence à la naissance. Nos enfants n'ont pas reçu
leur part ! la fatalité les a frappés pour toujours
!
Pour les ramener au plus près des autres, leurs parents consument
leur vie. C'est la vie ... comme on dit !
L'égalité,
ça continue à l'école ... et, là, le polyhandicapé
impose sa terrible réalité. L'école ne sera pas
celle de tous les enfants. Ce sera un institut spécialisé
où de rares privilégiés trouveront leur place.
Si
vos enfants vont à l'école, les nôtres, très
souvent, n'ont pas de place. Égalité ?
L'égalité,
c'est la dignité préservée. Pour assumer son
enfant, c'est le travail perdu ou abandonné de l'un des deux
parents. Ce sont les fins de mois impossible à atteindre.
La
loi a prévu des aides. L'administration les a dénaturées.
Pour les accorder elle disait illégalement hier que l'enfant ne
doit pas fréquenter plus de deux jours par semaine l'institut
où il est placé.
La loi ayant été réformée, elle peut désormais
légalement imposer cette exigence immorale, discriminatoire, et
certainement contestable juridiquement.
De plus,
elle va maintenant "éplucher"
les dépenses des familles comme si pesait sur elles un a
priori de triche et de malversation.
Égalité
?
L'égalité,
c'est grandir et vieillir comme un citoyen reconnu.
Comme
un émigré entassé dans un bateau qui s'échoue
sur une plage inhospitalière, le polyhandicapé reconnu
comme tel, étant enfant, perd son statut en devenant adulte.
Qu'y a-t-il de changé pour ce naufragé du destin qui
continue à ne pas marcher, parler, attraper, à être
totalement dépendant ?
Égalité
?
Égalité
devant l'éducation.
Égalité
devant la solidarité
de la société.
Égalité
devant la dignité
reconnue et préservée.
Égalité
devant la citoyenneté.
C'est
pour protester contre la violation permanente de ce principe
que nous vous demandons d'adhérer à notre mouvement.
ADEPO
- 24, avenue de la Côte Vermeille - 66740 Laroque des Alberes
tph : 04 68 89 03 42 - fax: 04 68 89 28 86 - E.mail : president@adepo-asso.org |